L'audit CSRD désigne la certification des informations de durabilité, aussi appelée vérification du rapport de durabilité, par un commissaire aux comptes ou un organisme tiers indépendant inscrit auprès de la Haute Autorité de l'Audit (H2A). Le vérificateur rend une conclusion d'assurance limitée.
Le terme recouvre aussi le diagnostic de conformité CSRD mené en amont pour corriger les écarts. Informations à jour au 5 octobre 2026.
Qui doit faire auditer son rapport de durabilité en 2026 ?
Depuis la directive Omnibus (UE) 2026/470, publiée au Journal officiel le 26 février 2026, seules les entreprises dépassant à la fois deux seuils, 1 000 salariés et 450 millions d'euros de chiffre d'affaires net, restent dans le champ de la CSRD. Avant toute méthode, vérifiez donc que l'obligation vous concerne encore.
Le calendrier après Omnibus
Les textes ont changé deux fois en un an :
- Directive (UE) 2025/794 « Stop-the-clock », transposée par la loi n° 2025-391 du 30 avril 2025 : les grandes entreprises restées dans le champ publieront en 2028 sur l'exercice 2027.
- Omnibus I : en vigueur depuis le 18 mars 2026, à transposer au plus tard le 19 mars 2027.
Le projet de loi DDADUE qui transpose ces seuils, adopté par le Sénat le 18 février 2026, est encore examiné à l'Assemblée nationale.
Une assurance limitée, et elle le restera
L'assurance limitée signifie que le vérificateur n'a rien relevé laissant penser que les informations sont non conformes. Omnibus I a supprimé le passage prévu à l'assurance raisonnable.
Commissaire aux comptes ou OTI : qui peut certifier ?
En France, la certification revient à un commissaire aux comptes habilité ou à un organisme tiers indépendant (OTI), tous deux inscrits auprès de la H2A. Une fois l'obligation confirmée, reste à choisir qui signera le rapport de certification.
| Critère | Commissaire aux comptes | OTI |
|---|---|---|
| Prérequis | Formation durabilité, inscription H2A | Accréditation COFRAC |
| Cumul avec l'audit des comptes | Possible | Non |
Désignation et mandat
L'assemblée générale désigne le certificateur, sur recommandation du comité d'audit s'il existe, pour six exercices en principe (trois en première nomination, FAQ H2A).
Les 4 phases d'une mission de certification
Une mission suit quatre phases, encadrées par les lignes directrices H2A mises à jour le 20 janvier 2026 et commentées par la CNCC :
Prise de connaissance
Périmètre, gouvernance, systèmes de collecte.
Évaluation des risques
Revue du processus de double matérialité.
Vérifications
Entretiens, tests sur les indicateurs, conformité aux ESRS et au balisage numérique.
Conclusion
Conclusion sans réserve, avec réserve ou impossibilité de conclure.
Se préparer à l'audit CSRD : diagnostic, piste d'audit, contrôle interne
Le vérificateur juge des éléments probants : un diagnostic précoce, une piste d'audit par indicateur et un contrôle interne documenté évitent la plupart des réserves.
Le diagnostic de conformité
Le pré-audit CSRD (gap analysis) confronte votre projet de rapport aux ESRS : matérialité justifiée, données manquantes, méthodes non décrites.
Un constat fréquent en pré-audit porte sur une matrice de double matérialité sans seuil de cotation documenté. L'exclusion d'enjeux devient alors injustifiable.
La piste d'audit
Chaque indicateur doit pouvoir être reconstitué de la donnée source au chiffre publié.
Pour le scope 1 et le scope 2 (ESRS E1), conservez factures d'énergie, facteurs d'émission avec leur version, feuille de calcul et trace de validation.
L'accompagnement CSRD de take[air] couvre la double matérialité, la collecte des données ESG et le calcul de l'ESRS E1, sans jamais intervenir comme vérificateur.
Préparer votre audit CSRD
Un consultant take[air] vous rappelle pour faire le point sur votre rapport avant la certification.
Le contrôle interne
Le vérificateur attend :
- un responsable par indicateur ;
- une revue documentée avant consolidation ;
- une validation par la direction.
Combien coûte un audit CSRD et combien de temps faut-il ?
Aucun barème officiel n'existe : le prix dépend du périmètre, du nombre d'ESRS matériels, de la qualité des preuves et du nombre de sites.
Les honoraires publiés par les sociétés cotées donnent toutefois un ordre de grandeur : environ 150 000 à 160 000 € par an pour un groupe coté réalisant de 0,5 à 1,2 milliard d'euros de chiffre d'affaires, et de l'ordre de 1,2 à 1,3 million d'euros pour un groupe du CAC 40 (exercices 2024 et 2025).
| Société | Exercice | Honoraires (vérificateur) | Source |
|---|---|---|---|
| VINCI (CAC 40) | 2024 | 1,3 M€ (PwC) | DEU 2024, p. 382 |
| L'Oréal (CAC 40) | 2024 | 1,2 M€ (EY 0,6 M€ et Deloitte 0,6 M€) | DEU 2024, note 16, p. 341 |
| Mersen | 2025 | 150 k€ (Grant Thornton) | DEU 2025, note 30, p. 265 |
| Lectra | 2025 | 158 k€ (PwC), 167 k€ en 2024 | Rapport financier annuel 2025, p. 234 |
Honoraires de certification des informations en matière de durabilité, hors taxes, tels que publiés dans les documents annuels des sociétés (consultés en octobre 2026).
Ces montants sont ceux de grands groupes cotés, souvent multi-pays. Les PME et ETI non cotées, elles, ne publient pas ces honoraires. Avec Omnibus I (directive en cours de transposition en France), seules les entreprises de plus de 1 000 salariés réalisant plus de 450 M€ de chiffre d'affaires restent soumises à la certification : pour les autres, l'ordre de grandeur sert à une vérification volontaire (rapport VSME, demande d'un client ou d'une banque). Les seules références publiques sont des estimations de la Commission européenne :
Ce sont des moyennes modélisées, pas des devis : le montant réel dépend du périmètre (entités, sites, indicateurs vérifiés) et de la maturité de la collecte.
Comparez les propositions sur :
- le nombre de jours d'intervention ;
- les entités et pays couverts.
Côté projet, Wavestone observe des démarches CSRD de 15 mois en moyenne (12 au minimum), mobilisant 6,9 ETP (benchmark CSRD 2025).
Mise à jour : octobre 2026. Ces informations ne remplacent pas l'avis de votre commissaire aux comptes.